Dimanche 6 janvier 2008
Les fêtes de fin d’année approchant, nous projetons de les passer sur l’île de Java entre Yogyakarta et l’Océan Indien. Le programme semblait alléchant : plateau de fruits de mer sur Pangandaran, un village de pêcheurs, pour notre Noël et Nouvel An sur Yogyakarta.
C’était sans compter les transports indonésiens qui ont contrarié quelques peu nos projets. Il faut tout d’abord savoir que les compagnies charterisent leurs bus. Ainsi, même si vous réservez auprès d’une Cie de transport, il n’est pas évident que ce sera celle qui vous conduira à destination, et même si vous demandez tous les garanties du départ, les photos du bus et les horaires… Ah les horaires !!! Le trajet entre Bukittinggi et Jakarta représente environ 1500 Km. Les différentes Cie de transports varient leur durée annoncée de transport entre 24 et 30 heures. Même si l’état des routes, surtout sur Sumatra n’est pas encore des meilleurs, la moyenne semblait honnête. Mais étant donné qu’un seul bus regroupant les réservations de toutes les Cies part dans la journée, il faut aussi qu’il soit rentabilisé. Nous passons donc par des petits villages, avec des paysages somme toute magnifiques, et permettant à des villages isolés de bénéficier de transports en commun. Bref, le temps s’allonge, s’allonge… Et c’est plus de 45 heures que nous passons dans le bus. Avec une arrivée à Jakarta à 3 h du matin le 25 décembre.  Autant dire que notre plateau de fruits de mer semble bien compromis ! Nous bouleversons donc nos plans, qui le sont déjà dans tous les cas, et nous décidons de partir pour Yogyakarta  directement. Peut être y serons nous pour le 25 au soir. Nous poussons donc jusqu’à Bandung (célèbre pour sa conférence des pays non-alignés) entre 3 et 5 heures du matin. Le prochain bus pour Yogya est annoncé à 7h, nous sommes dans le timing. Passé 7h, puis 7h30, le bus en question n’est toujours pas passé et comme le furet, il ne passera pas par là… On partira donc à 10h dans un bus déjà dans la gare routière. Autant dire que nous nous y installons rapidement, voulant être sûrs de bien partir cette fois-ci. Nous partons d’ailleurs comme convenu, mais une nouvelle surprise nous attend. Le chauffeur est la réincarnation d’Ayrton Senna. Les techniques de dépassement sont en Indonésie très simples, surtout pour un bus : je me déporte d’abord sur l’autre voie puis seulement je m’avise de la circulation en sens inverse. S’il y a effectivement une voiture, ou mieux encore un autre bus en face, je ne ralentis pas et j’accélère même, tout en klaxonnant bien sûr, signe que je sui prioritaire et que les voitures ou les bus me faisant face doivent se pousser. Autant dire que nous sommes cramponnés à nos sièges, comme les indonésiens des premiers rangs. Nous évitons un pauvre papi piéton de quelques centimètres, malgré les cris d’avertissement des passagers du bus et une moto nous faisant face grimpent in extremis sur le trottoir. Pour la première fois dans tous nos voyages, nous décidons de quitter ce bus avant d’assister à quelque chose de plus grave. A mi-parcours, nous prenons donc le train pour Yogya qui part 30 mn après notre arrivée à la gare. Bon là encore c’est épique… Il faut pousser pour entrer. Avec nos sacs on s’impose lais difficilement, sous une pluie battante (qui conduiront cette nuit même aux mortelles inondations et glissements de terrains de Solo) On doit passer encore 5h, debout car le train est archicomble. Mais nous sommes rassurés et la promiscuité permet de passer un excellent moment avec les indonésiens qui se serrent encore plus pour nous permettre de mettre une ½ fesse sur un siège.undefined
 Et nous arrivons à Yogya le 25 … à minuit !
Yogya est connue pour son bien-être et son accueil, sa situation politique est particulière car dépendante d’un sultanat jouissant d’une renommée importante auprès de la population. On y passe 2 jours à reprendre nos marques et à fêter ce fameux Noël au resto. On découvre cette ville où les échoppes d’artisanat s’enchaînent sur Marlioboro Road, des idées cadeaux pour Noël !!! On fait aussi un tour par le marché aux oiseaux où concourent des oiseaux de toutes les couleurs par leur plumage et leur ramage. Des coqs de combat aussi, même si les combats sont officiellement interdits, à cause des paris et non pour les bêtes. Malheureusement, il y a aussi des chiens, chats, singes, chauve-souris, chouettes en pleine chaleur, dans de minuscules cages ; le marché aux oiseaux devient vite le marché aux horreurs !
Comme autre spectacle d’un tout autre genre, il y a le Wayang Kulit : spectacle d’ombres avec des marionnettes faites de peaux de bêtes et peintes, retraçant le plus souvent le mythe du Ramayana. Le spectacle peut durer plusieurs heures racontant l’histoire de Rama, assez complexe à appréhender pour des non-initiés. Mais c’est surtout les environs de Yogya qui attire la majorité des touristes, et ses sites hindouistes et bouddhistes.
A 17 km au nord de la ville, nous visitons les temples hindouistes de Prambanan, construits au 10ème siècle de notre ère dans de la pierre noire, basaltique. Le travail de rénovation a été énorme au vue des photos présentées devant chaque « Candi » (ensemble). Malheureusement, le Candi Prambanan, le plus imposant de tous, contenant les Candis Brahma, Vishnou et surtout Civa, avec leur faisant face les candis des montures déiques (respectivement Angsa, le cygne, Garuda, l’aigle et enfin Nandi, la vache sacrée, monture de Civa), n’est plus approchable. Une secousse sismique en 2006 a fragilisé l’édifice déjà rénové. Bien avant l’avènement de l’islam au 15ème siècle, faisant de l’Indonésie le plus grand pays musulman au monde, l’archipel était hindouiste (d’où la corrélation Inde/Indonésie…).undefined
Mais l’hindouisme partageait son rayonnement avec le Bouddhisme, et Borobudur, plus grand monument bouddhique au monde. Pour dire si la région au pied du volcan Mérapi et à la confluence de 2 rivières rendant la vallée extrêmement fertile, a eu un rayonnement religieux et sociétal hors du commun ! Là encore les conditions climatiques et l’islamisation de l’Ile ont conduit à l’abandon de ce site, construit au 8ème siècle. Son style architectural et son mode de construction, sans aucun mortier n’ont pas résisté aux pluies de moussons, à tel point que tout l’ensemble s’est affaissé de 80 cm. Un gigantesque travail de restauration et de reconstruction fut alors mis en œuvre par l’UNESCO. Pierre par pierre, l’édifice fut démantelé, numéroté puis réassemblé après consolidation. Le résultat est époustouflant et invite à la méditation. Même si les Indonésiens escaladent les stupas pour prendre la « meilleure » photo. Le top du top est d’y rajouter un touriste étranger. Comme nous sommes quasi les seuls, les flashs pleuvent, nous jouons aux stars malgré nous et nous plions gentiment à cette mode.undefined
Nous passons cette fois un réveillon du Nouvel An, au resto « Old Superman » (ça ne s’invente pas !). Avant de quitter l’ile de Java, nous faisons halte au pied du Mont Bromo, afin d’admirer le lever de soleil sur ce volcan endormi et sur le Semeru, toujours en activité, du Mont Pananjakan. Malheureusement, nous y verrons uniquement un filtre de brouillard et de nuages, ajoutés aux émanations soufrées du Bromo. Nous ne sommes pas à la bonne saison !undefined
 L’occasion de revenir à la saison sèche… Nous quittons donc Java un peu déçus et continuons vers Bali, qui terminera notre tour en Asie du sud-est. Déjà !!!
 
par debocedric publié dans : Indonesie
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