Voila le moment tant attendu après 8 mois de Skype et de mails, Chantal et Patrice Le Calvé nous rejoignent en Inde. Le rêve de Chantal, que notre voyage a poussé à la réalité. A bord de notre Ambassador, LA voiture indienne par excellence, nous allons les chercher à l’aéroport de Dehli – direction Agra- sans attendre une minute de plus. Le Rajasthan nous attend et cette première étape aux portes de cette province n’est pas des moindres, car Agra renferme le fleuron des monuments en Inde, avec 15 000 visiteurs quotidiens en haute saison. Le Taj Mahal se visite tôt le matin afin de laisser la lumière douce du début du jour englober petit à petit ce monstre de finesse. La légende veut que ce mausolée ait été construit en l’honneur de la femme du Maharadjah Shah Jahan, morte subitement, Muntaz Mahal, d’ où son nom. Il est vrai que cet édifice colossal ne démérite pas sa popularité. Fait uniquement de marbre blanc, avec des incrustations de pierres précieuses ou semi-précieuses, le Taj Mahal laisse admiratif de ce travail de 20 000 hommes, en seulement 20 ans, au 17eme siècle.
Transition difficile mais notre voyage ne s arrête pas à Agra et malheureusement, la misère non plus. Nous continuons donc vers Fatehpur Sikri pour sa vieille ville puis nous nous arrêtons à Bharatpur. Un moment de calme dans une réserve d’oiseaux, un parc National où nous nous baladons en vélo/rickshaw afin d’observer quelques oiseaux migrateurs. Mais la sécheresse inquiétante des marais laissent seulement la possibilité d’entr’apercevoir quelques spécimens : oies de Mongolie, Grues de Sibérie, Marabout et Ibis… Malgré la volonté de réapprovisionner en eau cette réserve, le désastre écologique semble poindre, et même un nouveau projet de pipeline d’eau provenant d’autres districts semble bien utopique pour sauver ce qu’était l’une des plus grandes réserves d’oiseaux migrateurs au Monde. Une prise de conscience de la valeur de l’eau, en Inde comme partout dans le Monde !
Nous rentrons alors dans la province du Rajasthan avec la ville de Jaipur avec
son Palace toujours occupé par la famille du Maharadjah. Mais l’on va à Jaipur surtout pour l’Amber Palace, perché sur sa falaise et surplombé par la forteresse de Jaigarth. On peut y accéder à
dos d’éléphants. La forteresse de Jaigarth servait de repli en cas d’attaque du Palace. Notre chauffeur, Suresh (prononcer sourice) nous conduit ensuite à Udaipur, ville bordant le lac
Pichola où est érigé en son centre le palais du Maharadjah, converti en hôtel de Luxe. Notre hébergement, sans être luxueux, n’en est pas moins très coquet : un magnifique Haveli avec des
peintures originales dans chaque chambre. Nous profitons d’être au cœur de la ville blanche pour nous déplacer à pieds dans ses ruelles, écouter et voir des chants et danses rajputes au Bagore Ki
Haveli et se recueillir au temple vishnouiste Jagdish.
Nous arrivons ensuite à Jodhpur, la ville bleue, couleur que revête la plupart des maisons, à l’origine pour signifier l’appartenance du propriétaire à la caste des brahmanes. Tradition qui perdure aujourd’hui encore, sans forcement de lien avec la caste du maitre de maison. La forteresse de Mehrangarh (on dirait un nom tiré du Seigneur des Anneaux, ça devient obsessionnel !) est sûrement l’une des plus intéressantes que nous ayons visité. Tout d’abord par ce que les collections présentées sont riches et variées et surtout parce qu’un audio guide fournit des informations multiples et précises sur l’architecture du Palais, le mode de vie des Maharadjahs, et plus largement sur la société indienne de l’époque. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de nous balader dans la ville en raison d’une tempête de sable, suivie d’un orage. Cela nous rappelle que nous sommes aux portes du désert de Thar, étape suivante de notre périple vers Jaisalmer, non loin de la frontière pakistanaise. Et qui dit désert, dit chameau ou plutôt dromadaire (1 bosse) et balades nonchalantes sur leur dos dans les dunes de Khuri. Un Camel Safari que Patrice attendait avec impatience et surtout un moment de calme et de bien-être avec nos montures gracieuses mais pas toujours aimables.
Nous bouclons notre tour dans le Rajasthan par la région du Shekhawati, avant de retrouver les turpides de la capitale. Nous nous arrêtons à Nawalgarh, connus pour ses Havelis du début du 20ème siècle périclitant malheureusement dans une indifférence presque totale. Quelques Havelis ont bien été restaurés mais c’est toute la ville de Nawalgarh qui devrait mettre en œuvre un projet de rénovation. Les Havelis sont des maisons ayant appartenues à de riches marchands, profitant des caravanes du Désert. Leur particularité est d’être totalement peinte de fresques murales retraçant des scènes religieuses ou de la vie quotidienne.
Enfin un dernier tour dans Main Bazar et Pahar Ganj pour les souvenirs. Plus de 2 semaines passées à toute allure dans un pays qui ne peut laisser indifférent et dans un Rajasthan des milles et unes nuits. Nous continuons toujours notre route et accueillons Marie France pour un bol d’air pur dans l’Himachal Praddesh.