Nous arrivons donc à Kasol ou 90% des touristes sont israéliens. Tous les restos proposent des plats israéliens et certaines devantures et menus sont traduits en Hébreu. Troublant lieu de villégiature où la consommation de Charas est totalement débridée, sous le nez et la barbe des autorités qui ne voient ou ne veulent pas voir. La Charas est une sorte de « marie-jeanne locale » fumée depuis des siècles par les populations montagnardes. D’ailleurs, il n’est pas rare d’en voir pousser sur le bord de la route. Nous trouvons tout de même, dans tout ce méli-mélo, un guide qui semble pouvoir nous emmener dans la vallée de Parvati pour 6 jours, avec 3 porteurs munis de 3 tentes nécessaires à l’expédition. Nous gérons avec lui les courses pour la durée du trek, ce qui nous parait sérieux. Nous partons donc dès le lendemain vers Pulga en taxi puis nous rejoignons le village de Khir Ganga après 6 h de marche. Village ou plutôt amas de restos et refuges dénommés pompeusement « Ashram » où la vie en communauté se résume au partage de la Charas omniprésente.
Le seul véritable intérêt de ce camp réside, mis à part le spectacle magnifique sur les montagnes, dans ses sources
chaudes légèrement soufrées et délassantes après une journée de marche. La plupart des groupes ne vont à Khir Ganga que pour l’herboristerie. Pour nous, ce trek se déroule normalement, les
paysages sont magnifiques et Marie-France (MF) découvre les joies du trekking. Le soir, un repas typiquement indien (Dal, riz, chapatis…) nous récompense de nos efforts, avant de nous endormir
dans nos gros duvets, car les nuits sont tout de même fraiches à 3200 m. La 2eme journée, nous ne pourrons rejoindre Bhojtunda, deuxième camp avant
le passage du col, le sentier y menant est trop dangereux et encore enneigé à certains endroits. Nous rentrons donc à Khir Ganga pour une deuxième et dernière nuit.
Ne pouvant aller plus loin, nous rentrons vers Kasol, après 4h de descente sportive, MF prise en charge par le guide qui l’aide dans les passages difficiles. Une
organisation approximative nous fait arrêter là notre coopération avec notre guide Lucksme, encore un peu foufou pour être totalement professionnel. Après une journée
repos-lessive-lecture à Kasol, nous reprenons un bus local pour rejoindre Jari, village présenté dans les guides comme une base pour les treks vers Malana. Mais nous n’y trouvons AUCUN
hébergement, hormis une bergerie… Nous reprenons donc notre voyage vers Bhuntar, abandonnant définitivement la Vallée de Parvati et ses treks. Notre prochaine étape sera Simla. L’arrêt à Bhuntar
nous permet de couper un peu ce long et éprouvant trajet que nous partageons d’ailleurs avec un chevreau. Mais bon, nous sommes au moins assis !!!
Nous découvrons Simla en fin de journée, accrochée à la montagne. Lieu de villégiature estival des Britanniques, voulant couper de la chaleur torride de la Capitale, Simla est aussi un lieu historique important avec la tenue d’une des premières conférences Indo-britanniques pour l’Indépendance. Elle fut aussi le lieu de conférence bipartite entre tibétains et britanniques en 1914, reconnaissant de facto l’indépendance du Tibet. Fort de ce curriculum vitae historique, Simla reste toujours une ville très touristique. Il y règne calme et prospérité, avec un centre piétonnier, trop rare en Inde pour être souligné. Bref, on s’y sent bien, mais Simla ne reste pour nous qu’une étape Nous en profitons tout de même pour déambuler dans ses rues et ruelles escarpées. Nous grimpons jusqu’au Jakhoo Temple, lieu de dévotion à Hanuman, mi-homme/mi-singe et fidèle conseiller de Rama (avatar de Shiva et héros du Ramayana, sorte d’odyssée indienne). Les singes y sont donc rois, rois des voleurs et rois des intimidations. Il est préconisé de louer un bâton pour les impressionner (ce dont nous nous passons), il faut éviter de les regarder et cacher tout ce qui brille. Seules les lunettes de MF ont été oubliées, mais pas des singes… Avec une rapidité et une dextérité propres aux primates, les lunettes de MF se retrouvent, en un clin d’œil, du nez sur lequel elles étaient posées à la bouche du macaque, paradant ainsi. Fort peu impressionné de nos injonctions, il en arrive même à être impressionnant, jouant de ses canines. Nous laissons donc tomber les lunettes avec dépit. Nous déambulons rapidement dans le Temple où nous devons être constamment aux aguets. Au retour, le vendeur de confiseries nous rend solennement les fameuses lunettes, qu’il a monnayées contre un sachet de cacahuètes, prix de la rançon.
Nous quittons Simla par un train de montagne qui nous conduit à Kalka, puis nous rejoignons Delhi à la nuit. Juste une bonne nuit de repos, une ballade dans Pahar Ganj pour entamer la collecte de souvenirs et nous repartons le soir même pour le Rajasthan et Bundi, étape souvent oubliée des tour-operators. Tant mieux aussi ! Il commence à faire très chaud et notre nuit de train reliant Delhi à Bundi est difficile car nous voyageons en RAC (Recherche Aux Couchettes): nous sommes prévus à 2 pour une seule couchette, avec possibilité d’en récupérer une, si elle est inoccupée. Nous jouons donc aux chaises musicales toute la nuit. Mais comment se plaindre alors que les personnes sur listes d’attente dorment par terre…
Nous arrivons donc à Bundi, un peu fatigués, une ville agréable et encore peu touristique. Le Palace de Bundi ne propose que 2 parties intéressantes et encore préservées. Mais ici encore, les singes font leur loi. Il faut donc nous déplacer pierres et bâtons à la main. Pas très relaxant pour une visite ! Nous découvrons tout de même de très belles fresques sur le mode de vie du Maharadja et de la Maharani, certaines dorées à l’or fin.
Le lendemain, nous louons des vélos (et oui, on s’aventure) pour visiter la campagne environnante. Nous partons tout d’abord pour la visite d’un cénotaphe à 84
colonnes (tombeau érigé a la mémoire d’un mort mais qui ne contient pas son corps), il y a 600 ans. Puis nous remontons vers le Nord, longeant ainsi les remparts de la vieille ville puis
le Jait Sagar, retenue d’eau artificielle. Nous passons par le Sukh Mahal, modeste palais ou séjourna Rudyard Kipling (« le Livre
de la Jungle », entre autre…) puis le Sar Bagh, cénotaphes royaux encore bien conservés. Nous cherchions, au départ, à
rejoindre un village de marchands dénommé Akoda, mais il semble bien plus loin que les 6 km annoncés dans le guide. Nous roulons en pleine chaleur de 12h à 18h, sous un soleil de plomb.
Nos jambes ne demandent qu’à renter.
Nous avons pu néanmoins entr’apercevoir le mode de vie rural dans le Rajasthan, zone quasi-désertique où les allers-retours au puits restent l’occupation
quotidienne. Assommés de chaleur, nous rentrons vers Bundi. Nous quittons cette agréable ville pour Kota, où un train nous ramènera à Dehli. Nous en profitons pour découvrir son Palais. Une
nouvelle épreuve nous attend : arriver à destination… Peu de Rickshaws semblent comprendre ce que nous recherchons. Après maintes boucles, hésitations, bifurcations et après avoir pris
conseil auprès d’une dizaine de personnes, notre rickshaws-wallah, bien débrouillard, nous conduit à bon port, à la porte du Garh Palace, le plus imposant semble t-il du Rajasthan…. Nous visitons
seulement le musée Rao Madho Singh présentant tous les objets nécessaires à la vie difficile des Maharadjahs.
La boucle est bouclée et notre visite du Rajasthan aussi. Nous retrouvons Delhi et sa frénésie toute particulière. Un après-midi shopping et MF prépare ses sacs avant de regagner la France et Mont-près-Chambord. Pour nous, l’aventure continue, nous restons une bonne semaine sur Delhi pour préparer la suite du voyage.