Quelques mesaventures commencent notre periple dans le desert de Gobi qui ont bien failli nous laisser choir a Oulan bator. En passant par la case Ambassade de France en
Mongolie et des nouveaux passeports en poche ( Merci Monsieur le Consul), qui ne tomberons plus entre les mains de pickpockets..., nous demarrons donc la boucle qui nous emmene vers le desert de
Gobi. Nous sommes 7 a partir ensemble vers le Sud. Nos 2 amis italiens et une apprentie chamane italienne, un suisse et un hollandais. La mayonnaise a bien pris et l'ambiance assez
exceptionnelle.

Pour arriver jusqu'aux dunes de sables du desert, il nous faut traverser des paysages de plus en plus desertiques, mais qui contrastent avec l'accueil mongole. Nous passons notre premiere
nuit dans les steppes desertiques dans la Ger d'une des soeurs de notre chauffeur. Pour l'occasion, une chevre a ete specialement tuee et decoupee. Au menu de ce soir, chevre en cocotte
mongole accompagnee de pommes de terre.

Petit cours de cuisine mongole : Decouper une chevre, laisser secher dans la Ger tete, queue, pieds, en gardant toujours les os ( ca donne le gout et la moelle se mange apres...), preparer
un bon feu dehors. Comme nous sommes dans une zone desertique, les bouses sechees des animaux font office de bois, pour la cuisson comme pour le chauffage. Rajouter dans le feu des pierres. Une
fois bien chaudes, les mettre dans un grand pot a lait avec du lait et de l'eau. Y mettre la viande coupee en morceaux, remettre quelques pierres bien chaudes par dessus. Rajouter les pommes de
terre, assaisonnees pour l'occasion. Bien refermer le pot et laisser mijoter 1/2 heure. Au resultat, une cuisson parfaite et la degustation pour la premiere fois de viande de chevre.

Bien plus qu'un met, ce plat est un vrai cadeau de bienvenue dans une famille peu aisee, nous partageons un vrai moment de complicite et comprenons ce que hospitalite veut dire. Le sacrifice
d'une chevre en est reellement un dans cette famille. L'accueil mongole est a la hauteur de sa reputation et l'on ressent une vraie fierte a recevoir ses hotes dignement.
Qui plus est, les paysages rajoutent a la magie du moment. Chaque jour offre de nouveaux decors. On passe d'une zone desertique faite de sable ou de pierres puis nous traversons un chaine de
montagnes ocres, aux reflets presque rouges. Puis nous atterissons dans un zone marecageuse ou le 4*4 manque de s'embourber. Plus on remonte vers le Nord et vers Oulan Bator, plus la couleur
verte des paysages s'impose. Plus claire et parcimonieuse d'abord, le vert s'affirme au fur et a mesure comme la couleur predominante et incontournable. Parallelement, les troupeux
s'etoffent. On voit reapparaitre chevaux et vaches - animaux qui ne pouvaient pas assez se nourrir dans les contrees desertiques - et laissant leur place aux chameaux et chevres, adaptes a ces
conditions climatiques.
La transhumance commence en cette fin de mois d'aout et le pays vert va se transformer en une grande etendue blanche de neige, accompagne d'un ciel bleu que les mongoles venerent. Les conditions
de vie nous intriguent et la comparaison avec notre mode de vie occidental est saississant. Les nomades mongoles vivent dans les memes conditions depuis plus de 1000 ans. La ger et sa
disposition n'ont absolument pas change. L'agencement demeure toujours le meme : 2 lits, un autel pour les ancetres et les esprits, un coffre en bois pour les objets importants, et des etageres
pour la vaisselle. Bien sur demeure en son centre le poele a bois...ou a bouses. Ici pas de superflu, ni d'inutile. Tout est a sa place, immuable et indispensable.

Ainsi, le desert de Gobi n'a pas ete une fin en soi de ce parcours mais juste un passage parmi des paysages tous differents et magnifiques. Le lever de soleil sur les dunes restent pourtant un
tres beau moment. Mais il y aussi la randonnee dans les gorges de Yoliin aam et les chevaux sauvages dans le Parc naturel d'Hustai, prenommes takhis ou chevaux de Prezwalski, uniques au monde en
liberte.

