Nous quittons donc le Sikkim pour les montagnes du Bengale Occidental, et plus précisément pour Darjeeling et Kalimpong. La
région est connue pour ses plantations de thé, exporté dans le monde entier. Mais une autre spécialité attire aussi notre attention : la fabrication de fromage au lait de vache. Kalimpong
est perché à environ 1900 m d’altitude sur une arête, tout comme Darjeeling. Les 2 villes se ressemblent, toute proportion gardée, même artisanat tibetain et népalais, et autres chinoiseries.
Même architecture qui révèle un pendant colonial et un après… moins britannique, moins élaboré, moins fini. Le Bengale était la capitale de la Compagnie Britannique des Indes.
L’influence anglaise y est donc forte ; Clocktower, église catholique, édifices en pierre apparente cossus, massifs et imposants. Certains préfèrent Kalimpong pour son calme, mais
hors-saison, Darjeeling possède un charme suranné, entouré de plantations de thé qui ont fait la gloire du commerce colonial britannique. 
L’atmosphère y est détendue, les gens souriants, accueillants. Ici encore bouddhisme et hindouisme se côtoient. Les temples et gompas se multiplient. Pendant notre séjour, des manifestations se
déroulent tous les jours dans les rues pour la demande d’un état autonome, le Gorkhaland. Se sentant délaissées par Calcutta, les montagnes du Bengale aspirent à plus d’indépendance, à
l’exemple du Sikkim. S’enchaînent marches et prières, dans un pays où temporel et spirituel sont intimement liés.
A Kalimpong, le Tongsa Gompa accueille des moines bhoutanais. Nous y arrivons en pleine séance de psalmodie, sûrement
la dernière de la journée pour les jeunes moines. Ils nous rappellent nos jeunes lycéens attendant la sonnerie pour quitter l’établissement. Les chants sont rapides et hachés, certains rangent
leurs tablettes par anticipation, et au gong final, à qui aura quitté la salle le plus rapidement possible. 2 églises ont été édifiées par des moines pour l’évangélisation des indiens. Nous
redécouvrons un son oublié depuis 1 an : les cloches sonnant chaque heure. Le mercredi, le marché de Kalimpong attire tous les villages aux
alentours – épices, volailles, lentilles et légumineuses pour le « Dal » et son fromage… Toujours aussi les échoppes de bord de route avec chacune sa spécialité : chèvre, buffle
d’eau, bœuf, poulet ou végétarien. 
Darjeeling n’est pas en reste pour son marché quotidien où ses allées indiquent et rassemblent des métiers ou biens à vendre. Nous n’avons jamais vu autant de viande dans une Inde où il existe
sûrement le plus haut pourcentage de végétariens au monde. Pour autant, les étals de bouchers incitent quelque peu au végétarisme… Des allées de rapetasseurs, couturiers aux machines ancestrales
et des boulangeries. Nous sommes d’ailleurs réveillés tous les matins par une odeur de brioche fraîchement sortie du four, émanant d’une ruelle proche de notre hôtel. Mais autant trouver une
aiguille dans une botte de foin à déterminer d’où elle provient ! C’était sans compter la ténacité de Cédric concernant les gourmandises et autres bonnes choses. En effet, un peu en
contrebas de notre hôtel, dans une petite ruelle, au sous-sol d’un immeuble quelconque, se trouve la fabrique de brioche et gâteaux sablés alimentant 5 boulangeries. Nos petits dej’ sont devenus
une vraie dégustation de viennoiserie, accompagnés de la boisson locale, le chai, du thé au lait sucré.
A 11 km de Darjeeling, on peut rejoindre Ghoom par la route en Jeeps collectives ou par un petit train vapeur, appelé
affectueusement le Toy Train, qui coupe et recoupe la route de manière un peu anarchique. Pas de passage à niveau et, comme toute circulation en Inde on se dirige au klaxon, c’est donc
1h30 de visite au sifflet à vapeur que propose le petit « tchoutchou » local. Le chemin piéton empreinte les rails de ce train modèle réduit, c’est le moyen que nous utiliserons pour
rejoindre Darjeeling. Un retour sous la pluie (evidently, it’s the raining season !!) qui nous pousse à trouver des refuges spartiates et amicaux chez les habitants, et toujours
servis en tchai. A Ghoom, l’intérêt réside dans un magnifique belvédère, nommé Tiger Hill à 2500 m d’altitude, pour apercevoir la chaine
himalayenne, de l’Everest au Kanchendzonga, sur 180 degrés. Encore une fois, ce sera pour nous la purée de pois mais une gentille famille nous offre le thé pour nous réconforter et nous
réchauffer un peu. Sur cette même route, 4 grands monastères se succèdent : le premier appartient à l’école des Sakya, un second à celle des Nyimgma-Pa, 2 des 4 écoles du
bouddhisme tibétain. Le Dali Monastery est un édifice énorme, à flanc de colline, inauguré en 1993 par le 14ème Dalaï-lama et pouvant accueillir près de 200 moines. Le quatrième et le
plus ancien, le Yiga Monastery, dresse en son sein un Bouddha de 5 m, dans une position assez rare, assis à l’occidentale. 
Et puis enfin Darjeeling, c’est surtout ses plantations de thé.
Les vendeurs sont légion (Of course, nous sommes à Darjeeling tout de même !), allant des petits bouis-bouis au fameux Planter’s Club. Nous nous plions volontiers au
sacro-saint Tea Time.
