18 Octobre 2007
Notre voyage jusqu'à Luang Prabang nous permet de nous acclimater tranquillement à notre nouvelle étape. Les connexions sont moins aisées, et nécessitent un peu de chance pour arriver à son point d'arrivée. Boten, annoncée comme une ville en plein essor où l'on peut y organiser son voyage, ne reste pour l'instant qu'une ville frontière, où l'on règle ses formalités d'entrée dans le pays. Nous trouvons néanmoins un bus couchette à midi qui, passant par Luang Prabang pour se rendre à la capitale, accepte de nous y déposer. Les 8 heures de voyage se passeront donc allongées pour la sieste, sans pouvoir pourtant piquer un petit somme du fait de l'état de la route.
Au Laos, la quiétude règne et le tempérament des Laos nous change de l'effervescence chinoise. Une ambiance zen et des sourires sur chaque visage. Sur la route pourtant, nous nous arrêtons dans des villages bien plus pauvres de ce que nous avions vu précédemment. Le Laos est effectivement l'un des pays les plus pauvres au monde, même si le développement du pays et les aides internationales tendent à améliorer ce triste statut. Luang Prabang est une ville tres touristique, à juste titre, en raison de son climat et de sa douceur de vivre. C'est, aux dires des Laos eux-mêmes, la ville la plus belle du pays. Elle a reçu officiellement son classement au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1995, aidée par quelque bailleurs de fond dont la Règion Centre (et oui!!!) et l'Union Européenne. Des temples existent en grand nombre dans les rues principales et la couleur safran des robes de bonzes omniprésente. Le plus important est le Wat May qui abrite un bouddha en or et où siège le responsable des moines. Les facades ciselées et décorées à l'or fin sont très impressionnantes de finesse. Elles retracent pour la plupart la vie de Bouddha ou des scènes de vie quotidienne. Dans le dédale des rues perpendiculaires au Mont Phousi, on retrouve à chaque fois un Wat (temple).
Nous assistons d'ailleurs à une célébration familiale en l'honneur des ancêtres décédés. Distribution de boissons gazeuses et de nouilles deshydratées a la sortie du temple. Tous les matins entre 6h et 6H30 (selon la rue où l'on se trouve), on peut assister à l'aumône des bonzes. Ils circulent dans les rues de la ville en file indienne du plus ancien au plus jeune. Les premiers ont d'ailleurs une tenue partiellement différente : la robe leur couvre le cou, alors que les autres moines ont une de leurs épaules découverte. Ils ouvrent leurs sebiles ( bol particulier aux bonzes) devant chaque personne agenouillée sur le bord de la route. La population leur offre le plus souvent des boulettes de riz.
Selon la tradition bouddhiste, chaque personne doit avoir au moins une fois dans sa vie endossé la robe afin d'obtenir des mérites dans sa vie spirituelle. Auparavant, cela permettait d'acquerir une éducation et surtout d'apprendre à lire et à écrire. A Luang Prabang, les marchés foisonnent où artisanat local mais aussi thailandais se concurrencent. Etoles, housses de couette, chemins de table se déclinent sur tous les motifs et toutes les couleurs.
Aux alentours de Luang Prabang, par le Mekong, on peut acceder à des villages se spécialisant dans des artisanats typiques tels que le tissage ou la fabrication de l'alcool de riz. A Ban Xanhai, le lao-lao est distillé et servi aux touristes accostant sur leur berge. Le système demeure très rudimentaire, bien loin de nos fameux bouilleurs de crus, mais le résultat est succulent ...et corsé.
En aval du Mékong, le village de Ban Tiane s'est spécialisé dans la poterie, façonnée sur des tours manuels. Cette balade fluviale nous conduit jusqu'au grottes de Pak Ou, lieu de pélerinage où les statuettes bouddhistes s'accumulent au fil des ans. Parallèlement, nous prenons quelques renseignements pour nous rendre sur le site de la Plaine des Jarres. Ce site fut très longtemps difficile d'accès en raison d'exactions commises à l'encontre de touristes notamment en 2002. Apparemment neutralisées depuis 2005, les factions semblaient contester les brimades que le gouvernement infligait aux populations Hmongs notamment. Qui plus est, la région du Xieng Khouang fut l'une des plus touchées par les bombardements américains dans les années 60-70 et paie encore un lourd tribut à cause des obus enterrés ( encore 16 morts et 25 blessés en 2006). Rajoutant à cette description un peu chaotique, la région est aussi productrice d'opium. Cette conjoncture de données a conféré au site de la Plaine de Jarres un caractère un peu mystique. Malgré le fait d'étre rassurés par la population et le site des affaires etrangères, le site ne vaut pas le détour de 500 km que nous avons fait en 16 h de bus sur des routes présentées comme peu sûres. Les paysages traversés nous ont plus conquis que la Plaine de Jarres en elle-même.
Site sûrement funéraire, les Jarres sont disposées ça et là. Les explications sont diverses, leur origine inconnue et leur utilisation controversée. Que de mystères et d'incertitude !!!
Même si nous nous sentons en parfaite sécurité, il n'est pas rare de croiser sur les bords de route des hommes armés, voire dans notre propre bus public escorté gentillement d'un très jeune homme, fusil "AKA" en bandoulière.